Souscription Ulule – La Chaux-de-Fonds 1904

Il s’agit du premier projet de création soutenu et dirigé par Swiss Made JdR. Nous vous en avions déjà parlé précédemment mais cette fois-ci, c’est du concret :

La campagne de souscription par la foule (crowdfunding) est lancée sur le site Ulule. Soutenez-nous !!! Nous en avons besoin !

Parlez en autour de vous sur les réseaux sociaux et partout.

Présence à la Cité des Jeux et à OctoGônes

Comme nous l’avions déjà évoqué dans le précédent article, Swiss Made JdR sera présent lors de deux gros événements. Nous y tiendrons un stand qui est à disposition pour tous ceux qui souhaiterons présenter leurs activités et leurs créations.

OctoGônes est une grande convention française qui a lieu à Lyon du 4 au 6 octobre. Un très grand nombre d’acteurs et éditeurs du jeu de rôle francophone y est présent. Il s’agit d’une occasion unique de faire parler de vos projets non loin de la Suisse.

La Cité des Jeux est un nouvel événement ludique suisse, plein d’ambition, qui se déroulera à Expo Beaulieu de Lausanne le 26 et 27 octobre. Il s’agit d’un événement grand public qui offre une belle occasion de faire connaître le jeu de rôle dans notre pays. Nous pensons également que cet événement est l’occasion de faire connaitre les projets locaux au public suisse en jouant la carte du « Swiss Made ».

Autre chose importante concernant La Cité des Jeux, Swiss Made JdR est chargé, en collaboration avec le Space Fridge, d’animer le « quartier JdR ». Il s’agit donc d’animer des parties d’initiation dans l’espace jeu de rôle. Idéalement, il s’agit de parties de durée courtes et accessibles à des novices.

Nous lançons donc deux appels :

1) Nous avons besoin de MJ à Lausanne les 26 et 27 octobre. Annoncez vous pour que l’on puisse s’organiser et demander un nombre de tables adéquats.

2) Pour des raisons d’organisation également, si vous êtes intéressés à profiter de nos stands lors des deux prochains événements, annoncez-vous. Nous en profiterons pour communiquer à sur vos projets à l’avance et nous pourrons vous assurer des entrées gratuites.

Swiss Made JdR est constituée

Le silence radio de ces dernières semaine n’était pas un mauvais présage, bien au contraire. L’assemblée constitutive a eu lieu et s’est bien déroulée. Les statuts ont été votés et vous pouvez les retrouver sur la page téléchargement du site. Ces dernières semaines nous ont également permises de renouveler le site et créer un nouveau logo. Cela présage vraiment que du bon pour la suite de nos activités.

Concernant ce qui s’est déroulé durant l’assemblée générale constitutive et nos projets, nous développerons dans de prochains messages mais en attendant voici un petit résumé :

– Swiss Made JdR sera présent avec un stand à deux gros événements : Octogônes, à Lyon du 4 au 6 octobre, et la Cité des jeux, à Lausanne du 26 au 27 octobre 2013. Toute aide est bienvenue.

– Le projet La Chaux-de-Fonds 1904 se poursuit. Des demandes de subventions au nom de Swiss Made JdR ont déjà été envoyées et des réponses devraient arriver dans le courant de l’automne.

– L’assemblée générale établit le montant des cotisations à un minimum de 10 CHF. Chacun est libre de donner plus s’il en a envie. Pour rappel, l’association est ouverte au membres individuels ET aux membres associatifs/professionnels.

De plus amples informations suivront.

Swiss Made JdR : Convocation à l’assemblée générale constitutive

Pour toute information sur les objectifs de l’association, je vous renvois sur la dernière note de blog  Swiss Made JdR devient une association.

L’assemblée générale constitutive de l’association Swiss Made JdR aura lieu :

Le vendredi 12 juillet, à 19h
A Neuchâtel, Rue de la Cassarde 18 (Arrêt Pierre-qui-Roule, ligne 9)

Le programme général est le suivant :

  • 14h, partie exclusive en avant-première de La Chaux-de-Fonds 1904. Il y a 5 places pour les joueurs. Annoncez-vous par e-mail. Premiers arrivés, premiers servis.
  • 18h30, accueil avant l’assemblée générale
  • 19h, Assemblée générale constitutive, c’est la partie officielle.
  • After au NIFFF, le festival de film fantastique de Neuchâtel possède un bar sympathique  qui sera heureux de nous accueillir.

Il n’est pas nécessaire de manger avant, il y aura de quoi grignoter dès 18h30. Pour les boissons, il y aura du sirop pour tout le monde chez moi et le bar du NIFFF propose bières et absinthes.

Il est possible de venir à l’improviste à l’AG mais il serait chouette de s’annoncer avant. Ceux qui ne peuvent pas venir peuvent l’annoncer, ils seront ajoutés à la liste des membres et seront tenus au courant des activités de l’association.

L’adresse e-mail de contact est swissmadejdrCHEZgmailPOINTcom. (remplacez CHEZ par @ et POINT par .)

Toute personne intéressée à intégrer le comité est bienvenue. Si c’est votre cas, faites le moi savoir.

L’ordre du jour est le suivant :

  1. Explications préliminaires de Lionel Jeannerat
  2. Présentation et adoption des statuts
  3. Election du comité et des vérificateurs des comptes
  4. La communication de Swiss Made JdR (blog, site internet, pages sur les réseaux sociaux et revue)
  5. Projet : La Chaux-de-Fonds 1904 (rapport sur l’avancement du projet)
  6. Présence sur le terrain (dont La Cité des Jeux)
  7. Propositions de projets et divers

En cas de questions et remarques, n’hésitez pas à prendre contact par e-mail.

Swiss Made JdR devient une association

Cette volonté provient d’une envie mais également d’une nécessité. Pour recevoir des financements publics pour La Chaux-de-Fonds 1904, il est nécessaire de créer une association. Il s’agit d’une condition sine qua non pour qu’une démarche officielle ait une chance d’aboutir. Il m’aurait été possible de créer une association, avec mes comparses du projet, qui ne serve qu’à cet unique projet. Une association one-shot en quelque sorte…

Une telle démarche m’a semblé stérile et je me suis donc dit qu’il serait plus judicieux de proposer une association aux objectifs plus étendus qui survivrait au projet, une organisation qui pourrait m’être utile pour d’autres projets personnels futurs mais également à d’autres personnes. J’ai donc pris le parti de lancer une association de promotion du jeu de rôle en Suisse dans la continuité de la revue Swiss Made JdR.

J’ai donc rédigé des statuts et une assemblée générale constitutive aura lieu durant la première semaine de juillet (je communiquerai la date, l’heure et le lieu dès qu’elle sera déterminée). Vous pouvez bien entendu lire les statuts mais j’aimerais exposer les grandes lignes de cette future association.

  •  L’Association a pour but selon ses statuts de :
    • soutenir et lancer des projets de création de jeux de rôle en Suisse ;
    • soutenir les activités et événements proposant du jeu de rôle en Suisse ;
    • favoriser la collaboration entre les acteurs du jeu de rôle en Suisse, les pouvoirs publics et toute autre institution ou personne.
  • A la base, je crée cette association afin de rendre possible le projet La Chaux-de-Fonds 1904. Une association est un prérequis pour obtenir des subventions publiques. Je me suis donc dit qu’il serait chouette d’offrir la possibilité à d’autres projets d’avoir une association déjà toute faite pour faire les même démarches.
  •  J’ai choisi de l’appeler Swiss Made JdR pour faire un lien avec la revue éponyme afin qu’elle ait dès sa fondation un contenu à présenter en accords avec ses statuts.
  • Je ne souhaite pas que cette association soit une usine à gaz. Ses activités se limitent aux projets que ses membres veulent bien lui proposer. Elle n’a aucun vocation à se substituer à qui que ce soit ou créer des obligations superflues.
  • Cette association peut être considérée comme un moyen de formaliser et favoriser des collaborations entre les acteurs du JdR suisse. Elle peut servir de prête-nom à des projets qui en aurait besoin.

    Elle peut chapeauter des collaborations ou d’éventuelles mutualisations des coûts (pour des stands communs à des grands événements comme Comic Con ou le salon de livre)

  • Il ne s’agit pas d’une fédération. Elle n’a pas pour ambition de rassembler tous les acteurs du JdR en Suisse mais uniquement ceux qui veulent bien en faire partie. Même si tout le monde est bienvenu, je ne souhaite pas faire de prosélytisme actif pour avoir plus de membres. L’association ne cherchera pas à devenir un porte-parole du JdR en Suisse au dépend des autres associations ou acteurs déjà existants.

    Je ne supporte aucun sectarisme et il n’est pas question de ne pas soutenir ou de ne pas faire la promotion de projets provenant de non-membres.

    L’association n’a pas pour but de définir ce qu’est le JdR.

    En un mot, la FFJdR n’est pas mon modèle.

  • Pour l’instant, les projets se limitent à ceux que je veux bien réaliser pour elle. C’est-à-dire rédiger quelques nouveaux numéros de la revue Swiss Made JdR (selon mon inspiration et mon temps disponible), monter et finaliser le projet La Chaux-de-Fonds 1904 et gérer l’espace « Jeu de rôle » à la Cité des Jeux à Lausanne. Je tiendrai parfois des stands pour mes propres projets dans des salons et je suis prêt à y présenter également ceux en lien avec Swiss Made JdR.

    Tout autre projet est bienvenu pour étoffer ce programme mais il ne s’agit pas pour moi (ou d’autres) de les réaliser à la place de ceux qui les propose.

  • Les cotisations seront symboliques et les projets ne sauraient se financer ainsi. Chaque projet a pour but de se financer lui-même (par des subventions, des campagnes de crowdfunding, par le financement de partenaires ou tout autre moyen approprié).
  • Swiss Made JdR ne s’inscrit pas dans une démarche nationaliste de bas étage. Il s’agit d’une initiative régionaliste qui induit une ouverture vers l’extérieur et tout particulièrement vers le jeu de rôle francophone et le plurilinguisme. Ce qui réunit les acteurs suisses du JdR, c’est une passion commune, la proximité géographique et un paysage institutionnel spécifique, simplement.

Toute personne est donc bienvenue dans cette aventure. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à prendre contact avec moi. Vous êtes également invités à faire passer le mot à toute personne que vous sauriez éventuellement intéressés par l’association Swiss Made JdR. Quoi qu’il en soit, la priorité est à présent de fonder l’association, il ne sera jamais trop tard pour en devenir membre et participer.

La Chaux-de-Fonds 1904 : de la spécificité à l’universalité, une ambition inversée

Suite au tout premier billet concernant La Chaux-de-Fonds 1904, j’ai eu toutes sortes de réactions et il y en a une qui revenait plusieurs fois : « J’avoue que j’ai du mal à voir la portée de ton projet. »

Effectivement le choix du jeu Crimes et d’une thématique régionale semble aller à l’encontre de ce que j’annonce : un projet ambitieux qui fait partie d’un modèle professionnel. Certains ont peut-être eu l’impression que je m’adressais à une micro-niche de la petite niche économique du jeu de rôle. Je crois que l’incompréhension provient de l’ambition complètement inversée de ce projet, ce qui est au final la véritable innovation du projet.

Déjà à la Belle Époque, ils avaient des projets locaux.

Traditionnellement, les projets de jeu de rôle s’adressent avant tout au public rôliste ou geek. Ils offrent un univers et des thématiques plutôt universelles, au sens géographique du terme, pour potentiellement intéresser les rôlistes du monde entier. Le modèle économique est ici basé sur les ventes de livre et d’aides de jeu ; celles-ci servant également d’indicateur de succès pour le projet.

La stratégie pour y parvenir est généralement de créer une clientèle nombreuse  et/ou convaincue. Cette base de fans issue des rangs des rôlistes servira alors de fondations pour la suite des activités : convertir des nouveaux joueurs, développer la gamme, envisager des projets cross-média, faire une traduction, etc. Il est important de noter que si certains de ces projets s’adressent également à d’autres publics que les joueurs de jeu de rôle, c’est souvent pour s’intéresser à d’autres sous-cultures geeks : manga, comics, SF, etc.

Les Ombres d’Esteren est l’exemple le plus caractéristique que je connaisse. J’ai un profond respect pour le travail de Nelyhann et toute l’équipe qui sont également mes compagnons à ForgeSonges. Mais voilà, je ne peux pas prétendre à un tel succès qui n’est à la portée que du travail acharné de toute une équipe ou à des auteurs vraiment reconnus du milieu. Je ne suis pas Brand, Le Grümpf ou d’autres célébrités du JdR. La reconnaissance et les compétences s’acquièrent avec le temps bien entendu, mais moi je débute.

J’ai donc réfléchi à d’autres manières de voir les choses, à un modèle économique plus adapté à ma situation. Il me fallait un projet à mon échelle que mon expérience d’historien régional et mon réseau personnel pourraient renforcer. J’ai donc laissé de côté l’aspect universel pour me concentrer sur la proximité. Le public visé par le projet n’est pas spécifiquement les rôlistes. Évidemment les fans de Crimes et les quelques personnes s’intéressant à mes précédentes publications achèteront la publication. C’est aussi important et la publication leur est également destinée et je ne les oublie pas non plus.

Le principal public visé est un public régional qui n’a sans doute jamais raconté une histoire autour d’une table en lançant des dés. Il s’agit d’historiens amateurs et curieux, de lecteurs avertis qui aiment les créations locales. Il s’agit également des autorités publiques, des organismes culturels, les médias régionaux et nationaux. J’aimerais fédérer le plus loin possible les acteurs locaux autour d’un projet de JdR ; j’aimerais que le JdR soit pris au sérieux dans mon pays en réalisant un projet ambitieux et innovant. Je veux faire connaitre et crédibiliser le JdR dans mon environnement.

J’espère que ça aura des retombées directes sur tout le JdR en Suisse, je vais d’ailleurs essayer d’en faire profiter tous mes amis rôlistes. Le premier bénéficiaire d’un succès, ce sera moi évidemment et La Chaux-de-Fonds 1904 pourrait me permettre de mettre en place un réseau régional utile pour mes prochaines productions (distribution en librairie, communication), d’être reconnu localement pour mon travail dans le JdR et d’acquérir une riche expérience dans la gestion de projet. Tout ceci est envisageable parce que je travaille à petite échelle : je rencontre les partenaires près de chez moi, les médias régionaux peuvent s’intéresser à mon petit projet, les ventes d’ouvrage de JdR sont même très respectables selon les références locales (pour anecdote, j’ai vendu plus de Romance érotique que de ma publication d’histoire régionale qui a connu un relatif succès).

En définitif, je construis du local vers le global. Je pars du principe que si mon entourage direct est dynamique et me soutient, c’est une base solide pour de nouveaux projets plus ambitieux, plus universels.

« La Chaux-de-Fonds 1904 » : Mon 1er projet pro dans le JdR

Il y a quelques temps, j’ai annoncé mon intention de devenir professionnel dans le jeu de rôle. C’était bien évidemment qu’une déclaration d’intention mais elle recouvre une vision qui est bien concrète et qui se matérialisera par des projets. Le premier d’entre eux s’appelle « La Chaux-de-Fonds 1904 ».Je ne vais pas décrire sur ce blog tous les détails du projet, pour cela vous pouvez télécharger la plaquette de présentation qui décrit le projet dans tous ses détails, notamment ses aspects budgétaires. Je vais tout de même vous donner les grandes lignes du projet.

La Chaux-de-Fonds 1904 est un projet global qui comprend :

  1. la création d’un supplément de contexte et un scénario pour le jeu de rôle Crimes (80 pages) ;
  2. la réalisation d’aides de jeu, notamment un plan interactif, et des décors ;
  3.  une tournée de parties, tout d’abord au niveau local, puis dans la francophonie.

Comme son nom l’indique, le scénario prend pour cadre une ville incontournable de Suisse à la Belle Époque. La Chaux-de-Fonds est une cité horlogère qui a connu un grand développement à cette période et qui a la particularité d’être perchée à plus de 1000 mètres d’altitude.

Je développerai et expliquerai plus tard chaque aspect du projet mais pour l’instant je vais exposer comment ce projet est une étape importante dans la professionnalisation de mon activité.

Un auteur pro ne peut pas être un vendeur de papier

Si je souhaite devenir auteur professionnel, il ne faut pas compter sur des droits d’auteur. De bonnes ventes de jeu de rôle tournent autour de 500-800 exemplaires vendus pour un livre de base. Les droits d’auteur s’élèvent rarement plus haut que 10% si l’on enlève les droits d’auteurs des illustrateurs et graphistes. Avec un jeu à 35 €, les droits d’auteur ne dépassent pas, même dans une situation idéale, 3000 €. Cela signifierait que je devrais sortir un jeu par mois pour survivre en Suisse. Un jeu ne s’écrit bien entendu pas en un mois.

Le revenu de la vente d’un jeu de rôle ou d’un supplément peut être un précieux complément dans mon activité mais il faut garder les pieds sur terre, il est impossible d’en vivre. J’ai donc réfléchi à un autre modèle qui pourrait au moins me laisser un espoir de survivre.

Un auteur peut s’autoéditer, mais …

Comme je l’ai évoqué dans mon hommage à Silentdrift, j’accorde un grand intérêt à l’autoédition. C’est un modèle qui offre un meilleur revenu dans une niche économique comme le JdR car l’auteur cumule sa part d’auteur avec celle d’éditeur. Il n’est pas impossible de vivre de sa création comme créateur de JdR indépendant, certains, à l’instar de Romaric Briand, se sont lancés dans ce pari. Cette manière de procéder est très contraignante et ne peut être viable dans ma situation et mes contraintes économiques. Je vais malgré tout essayer de tendre peu à peu vers ce modèle qui, même s’il n’est pas suffisant pour me faire vivre, a le mérite d’être bien plus profitable que d’être simple auteur. Il s’agit donc pour moi d’adapter ce modèle pour le rendre viable.

Le modèle du JdR indépendant a à mes yeux trois gros défauts que je souhaite corriger :

  1. Il isole l’auteur qui veut garder un contrôle total sur sa création. De cette manière, il laisse peu de place à d’autres partenaires qui pourraient lui être bénéfique. Attention, je ne dis pas que les collaborations ne sont pas possibles, je pense juste que les contraintes idéologiques du modèle brident de manière très forte les possibilités.
  2. Il sous-estime le travail éditorial qui est nécessaire et qui met en valeur le travail de l’auteur. Attention, je ne dis pas que les créateurs de JdR indépendant négligent l’aspect éditorial, je dis juste qu’ils mettent souvent plus l’accent sur la création que sur l’édition. Ils défendent l’idée que n’importe qui peut s’éditer. Pour ma part, je pense que l’on ne se décrète pas éditeur, on le devient. L’édition est un savoir-faire tout comme la création et l’autoédition demande les compétences pour endosser les deux casquettes.
  3. Il sous-estime la légitimité qu’apporte un éditeur surtout lorsque l’on sort le cercle très fermé des afficionados du JdR. Tout le monde ne passe pas son temps à s’informer sur le JdR et, d’un point de vue extérieur ou dilettante, le JdR indépendant n’est que quelques farfelus qui se sont autoproclamé auteur de JdR. Attention, je ne dis pas que les JdR indépendants ne peuvent pas acquérir une légitimité à terme mais cela prend du temps et beaucoup d’énergie, bien plus qu’avec un éditeur.

La Chaux-de-Fonds 1904 sera édité par les Ecuries d’Augias pour ces trois raisons. Le projet se veut ambitieux et j’ai besoin de l’aide d’un éditeur compétent et reconnu. Il me semble essentiel de fédérer autour du projet et, pour cela, je veux laisser un espace à tous les partenaires qui souhaitent participer. Je partage volontiers mon bébé. A ce titre, je lance un appel à tous ceux qui souhaitent participer au projet, tous les partenariats sont possibles, il y a de la place pour tout le monde et chacun aura sa part des retombées. Contactez-moi.

A ce titre, il serait bête de ma part de gâcher le projet en me proclamant éditeur. J’espère apprendre ce métier mais je n’ai pas envie de faire mes premières armes sur un projet aussi ambitieux. La Chaux-de-Fonds 1904 nécessite également une légitimité pour m’adresser aux institutions publiques. Un contrat d’édition est une condition sine qua non dans de nombreux cas pour adresser une demande de subventions.

Autoédition ou projets d’envergure ?

Après ces premiers paragraphes, on peut légitimement se dire que je manque de cohérence. D’un côté, je dis que je souhaite tendre vers l’autoédition et que je considère que c’est la méthode qui a le plus de chance de me faire vivre un jour, d’un autre, je présente mon premier projet d’envergure qui n’est pas adapté à ce modèle.

Je vais vous répondre que Rome ne s’est pas faite en un jour. Mon activité sera faite de gros projets tel que La Chaux-de-Fonds 1904 et de plus petits projets que j’autoéditerai. Les premiers serviront à me faire connaitre du grand public, ils forgeront petit à petit ma propre légitimité auprès du public dans son sens très large. Les seconds me permettront d’apprendre le métier d’éditeur. Petit à petit, je me montrerai plus ambitieux dans mes projets autoédités, mais je ne veux pas griller les étapes. Mon modèle économique se veut évolutif, il ne suivra pas une idéologie mais se construira petit à petit au gré des projets, succès ou échecs.

Je n’ai de loin pas fait le tour du sujet. Je continuerai à expliquer mon modèle économique dans de prochains billets donc n’hésitez pas à me poser vos questions.

Swiss Made JdR n°3

Après de longs mois sans nouveautés, j’ai l’immense plaisir de vous présenter le tout nouveau numéro de la revue.  Il clôt la première saison de Swiss Made JdR. Il y aura en principe une seconde, je vous en reparlerai sans doute sur le blog.

Swiss Made JdR Numéro 3 : mai 2013

Sommaire :

  • Editorial : Chose promise…
  • Interview : 2dSF seconde édition
  • Test : IchorPunk
  • Reportage : Dice Night (3ème partie et fin)

Télécharger directement Swiss Made JdR N°3

Vous pouvez également télécharger les anciens numéros sur cette page.

La Suisse de Millevaux par Thomas Munier

Un nouveau rédacteur invité nous propose un article. Il s’agit à présent d’un auteur français qui parle de la Suisse dans son l’univers de son jeu tout fraichement sorti. Je vous laisse découvrir cet interprétation surprenante de notre pays.

Thomas Munier est l’auteur de Millevaux, un univers post-apocalyptique forestier pour le jeu de rôle Sombre (horreur radicale) et le jeu de rôle Inflorenza (horreur épique). Il tient également Outsider, un blog sur le processus créatif et le folklore personnel

A l’instar de la Brigade Chimérique (la bande dessinée et le jeu de rôle), j’ai voulu avec Millevaux utiliser le folklore européen pour développer un univers de fiction. Un folklore post-apocalyptique d’horreur forestière. J’ai pris beaucoup de plaisir à réinterpréter et détourner les légendes et les faits historiques de notre continent en écrivant Millevaux. J’espère que les joueurs en feront de même en développant leur propre enfer forestier européen.

Le Livre Source présente déjà de nombreuses données européennes. Le Mur de la Honte qui ceinture le continent, des sectes chrétiennes telles que les Disciples de Khlyst, des conflits militaires et religieux qui se répercutent entre l’Autriche-Hongrie, la Roumanie, l’Empire Ottoman et le Maghreb.

Le prochain supplément de contexte sera l’Atlas. Il décrira en détail chaque pays de l’Europe de Millevaux, de l’Angleterre aux Monts Oural, de la Scandinavie au Sahara. Millevaux Sombre étant un jeu adapté au one-shot, j’ai voulu proposer au joueur une multitude de théâtres exotiques. Chaque pays a droit à quelques pages de contexte qui présentent une ou deux problématiques, quelques lieux notoires, quelques personnages, des conflits en gestation.

Je n’avais pas l’intention d’offrir un panorama exhaustif mais d’aborder pour chaque pays quelques thèmes forts qui créent du jeu.

Pour la Suisse, qui s’appelle de nouveau la Confédération Helvétique dans Millevaux, je me suis concentré sur le paradoxe de la neutralité. De nos jours, de mon point de vue français, la Suisse me paraît à la fois très fermée (neutralité militaire et politique) et très ouverte (rôle monétaire, échange migratoires de travailleurs, pôle scientifique) au reste du monde. J’ai imaginé comment se développerait ce paradoxe en l’anticipant dans Millevaux. Cette tension entre ouverture et fermeture me paraissait très créatrice de jeu.

Sa neutralité militaire et politique a permis à la Suisse de ne pas être asservie comme le reste de l’Europe avant la Catastrophe. Ainsi, elle n’a pas été associée aux recherches en agriculture intensive qui ont conduit à la Catastrophe. Mais une fois la Catastrophe passée, la Suisse n’a pu échapper aux retombées que véhiculaient les spores corrompues… Elle est devenue un enfer forestier comme le reste de l’Europe.

J’ai estimé que la Suisse avait eu le temps d’anticiper la Catastrophe et de s’y préparer. Le Centre Espoir, pôle scientifique ultra-sécurisé inspiré du CERN, a survécu à la Catastrophe. Alors que le reste de l’Europe retombait au Moyen-Âge, la Suisse maintenait une technologie avancée. Elle développe même une substance, le sérum de mémoire cellulaire, qui atténue le Syndrome de l’Oubli. Alors que le reste de l’Europe sombre dans l’amnésie, la Suisse devient la mémoire du continent.

Dirigé par les Patriarches, des clones paranoïaques, le Centre Espoir poursuit ses avancées technologiques sans les partager avec l’étranger. Les frontières suisses sont gardées par des drones, des vigiles et des tribus étrangères payées par la Suisse. L’objectif est d’abattre tout ressortissant étranger qui viendrait apporter spores ou dissension sur le sol helvète. Cependant, certains suisses brisent le black-out. Ils creusent des tunnels de contrebande vers l’étranger ou conspirent à offrir les technologies du Centre Espoir à l’ensemble de l’humanité. Le peuple suisse tente de survivre en circuit clos mais les spores corruptrices sont sans frontière et la forêt progresse dans les alpages comme partout ailleurs.

Pour les étrangers un peu au fait de ce qui s’y passe, la Suisse apparaît comme un dangereux eldorado. J’ai eu l’occasion de faire toute une campagne Millevaux Sombre d’un voyage vers le Centre Espoir. J’ai aussi fait une campagne entière de Millevaux Inflorenza sur des personnages européens qui parvenaient à collaborer avec les scientifiques du Centre Espoir. Ils les ont convaincus de s’associer avec eux pour lutter contre les Horlas, monstrueuses entités surnaturelles qui ont fait de Millevaux un enfer. Ensemble, ils ont conçu les Abraham, prometteurs et terrifiants mechas animés par la magie blanche.

Utiliser le paradoxe suisse de la neutralité peut apparaître comme un cliché. Mais c’était un cliché fertile en jeu de rôle. De la lutte contre des gardes-frontière primitifs à la préparation d’une bataille continentale high-tech, la Suisse s’est avéré un pivot ludique du jeu. Je serais vraiment curieux de savoir ce que pensent les joueurs suisses de cette idée. Et plus encore de découvrir comment ils joueraient dans la Confédération Helvétique de Millevaux et dans les autres pays de cette infernale Europe forestière.